Quitter la rue un pas à la fois : un organisme de l’Outaouais mise sur la réinsertion
En décembre 2024, Sébastien Routhier se retrouve sans domicile et il est aux prises avec des dépendances. Un an plus tard, il vit aujourd’hui dans un logement qu’il a obtenu grâce à l’organisme Le Gîte Ami, et surtout, grâce à sa propre détermination. Sébastien Routhier vit désormais dans une chambre qu'il loue, en plus d'être sobre depuis une cinquantaine de jours. Photo : Radio-Canada / Anne-Charlotte Carignan Sébastien a intégré le continuum de services du Gîte Ami, conçu pour accompagner les personnes en situation d’itinérance, dans une démarche de réinsertion. Avant, tu sais, je n’avais pas d'espoir.. j'étais comme on va dire trop loin. Tu sais que comme le principe d'avenir, ce n’était pas encore un concept nécessaire à regarder. Il est convaincu que les ressources en hébergement de transition du Gîte Ami ont fait toute la différence pour lui. Le reportage d'Anne-Charlotte Carignan Le projet Mon Calme, géré par le Gîte Ami, offre des hébergements de transition aux personnes en situation d’itinérance. On a maintenant des personnes qui sont touchées par des problèmes psychosociaux, qui ont perdu leur logement parce qu'on s'entend que maintenant le logement est rendu très cher. Omar Dia estime que les logements de transitions sont des programmes qui fonctionnent. Photo : La Presse canadienne / Anne-Charlotte Carignan Un profond sentiment submerge Omar lorsqu’il observe la transformation de Sébastien. Cet homme qu’il avait connu à la rue, en proie à ses démons intérieurs — devenu aujourd’hui une personne réinsérée, installée confortablement dans son nouveau chez-soi. Pour Johanne, 62 ans, hébergée à Mon Calme depuis trois semaines, ce lieu représente bien plus qu’un simple hébergement de transition. Ça nous valorise, en tout cas…moi ça me valorise. Un hébergement de transition est essentiel pour permettre la réinsertion sociale, tient à mentionner le directeur exécutif du Gîte Ami François Lescalier. François Lescalier est directeur exécutif du Gîte ami. (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Julien David-Pelletier Selon lui environ 100 personnes quittent les services du Gîte Ami pour intégrer un logement chaque année. Mais la demande explose pour ses services explose. De son côté, la directrice adjointe à la direction santé mentale et dépendance au CISSS de l'Outaouais, Geneviève Caron, précise qu’une équipe d'intervention pour mieux agir en exclusion sociale a été mise en place et offre un programme de supplément au loyer. Le programme de supplément au loyer du CISSS de l’Outaouais, lancé en juin 2023, accompagne 36 personnes : Chaque jour est une victoire pour Sébastien Routhier. Son chemin est encore flou, mais porteur d’espoir. Avec les informations d'Anne-Charlotte Carigan et de Félix PilonUn tournant brutal… puis l’espoir
Ça fait un peu plus d’un an que j’essaie de décrocher. J’ai eu des rechutes... mais là, je suis à 56 jours sans consommer. Et je le vis bien, je suis content
, se réjouit l’homme âgé de 28 ans, visiblement fier de lui. Son retour dans un logement n’a pas été simple.

Un modèle qui fonctionne
Pour l'intervenant au sein du programme Omar Dia, l’efficacité de Mon Calme repose sur une approche centrée sur la personne. C’est un modèle qui fonctionne parfaitement vu que déjà au départ, l'admission fait qu’on a des usagers qui sont prêts à faire des démarches
, explique-t-il. Ça nous facilite [la tâche].
Avant, on avait seulement des personnes qui avaient des problèmes de consommation ou des problèmes de santé mentale. Mais depuis la pandémie, la clientèle est diversifiée.

Ça prouve que ce qu'on fait est important et qu'on arrive à sortir des personnes de l’itinérance.
Un toit, mais aussi de la dignité
J’ai déjà dormi dehors, en plein hiver. Ici, on est au chaud, on peut se laver, manger, parler. Ça me redonne de la dignité.
Nous avons à peu près une centaine de personnes chaque année qui repartent en logement. C'est un processus qui est long, c'est des petites victoires
, raconte-t-il.
Avec la crise du logement, on a des fois des personnes de plus de 60 ans qui ont perdu leur logement, qui arrivent au refuge d'urgence. On a des migrants qui sont ceux qui ne trouvent pas de logement, des demandeurs d'asile. C'est très varié,
dit-ilce qui est intéressant de ce programme, c'est que ça vient avec un cinq ans d'accompagnement.
Donc nos équipes pendant cinq ans accompagnent les personnes et les soutiennent pour s'assurer qu'ils puissent garder leur logement
, explique-t-elle.Un chemin éclairé, malgré les incertitudes
C’est un pèlerinage
, philosophe l'ancien itinérant. Je ne sais pas encore exactement où je vais, mais je sens qu’il y a quelque chose au bout. Alors, je continue.
Mais là tu sais je suis optimiste. Je n’ai aucune idée où est-ce que je vais aller et où est-ce que qu'est-ce qui va être la suite. Mais je suis optimiste. J'ai juste à maintenir ma lancée
, dit celui qui se donne maintenant comme prochain objectif de terminer son cinquième secondaire.
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